Eléments abolis dans TOUT Aria
Vengeance, Ordalie et Duels
Aria s’enorgueillit d’être une nation éclairée – quel que soit le sens que l’on veuille donner à ce mot. Elle n’entend donc pas que ses sujets agissent trop sous le coup de l’émotion. De ce fait, la vengeance, l’ordalie et les duels sont interdits.
- La vengeance est un terme générique regroupant tout comportement visant à punir personnellement quelqu’un d’une turpitude subie. Les langues les plus habiles ont appris à jouer avec le sens du mot « vengeance» pour faire passer leurs actions pour de la justice.
- L’ordalie désigne le règlement d’un différend par l’intermédiaire d’une puissance divine, généralement au cours d’une épreuve physique dangereuse. Si l’ordalie connut un léger succès aux commencements d’Aria, les sages se rendirent vite compte de son impasse juridique: quel crédit apporter à un jugement quand chaque partie se prétend d’un dieu différent, sans juger du même coup l’importance de ces dieux et risquer de s’attirer leur courroux ? L’ordalie fut donc exclusivement limitée à des épreuves faisant intervenir la même divinité. Elle évolua par la suite en ordalie à sens unique – si le premier intervenant sortait blessé de l’épreuve, le second n’avait pas besoin de prouver sa bonne foi – avant d’être purement et simplement interdite pour éviter les querelles dites «du premier perdant».
- Le duel est une version plus civilisée de l’ordalie. Là où cette dernière mettait régulièrement en jeu la santé de ses belligérants – marcher sur des clous, se baigner dans l’acide, traverser un brasier, etc. –, le duel était une version plus esthétisée, réservée exclusivement au domaine des armes. Malheureusement, remplacer les châtiments corporels par des duels armés augmenta drastiquement le taux de mortalité des individus concernés et risqua même de mettre en
péril le développement de la population d’Aria. Les duels furent donc également abolis mais, avec une réserve de taille: s’agissant d’une version esthétisée des règlements de comptes, ils devinrent l’apanage de la noblesse, pour qui ce type d’intervention reste encore largement toléré.
Châtiments Corporels Définitfs
Toujours dans une volonté de paraître éclairé, le royaume d’Aria décida d’interdire d’autres châtiments jugés cruels pour leurs victimes.
- Le marquage au fer rouge n’a plus cours depuis de nombreux siècles, si ce n’est sur certaines bêtes pour s’assurer de leur propriété. Les humains, quelle que soit leur condition, ne peuvent plus subir cet outrage. Certains individus se montraient en effet trop lestes à appliquer cette peine, privant leur victime d’une possible rédemption.
- Le bûcher est également proscrit pour le commun des mortels. Entendre les cris de souffrance des brûlés et sentir l’air s’empester de l’odeur des restes calcinés ne sont en effet guère les signes d’un royaume éclairé. La justice lui préfère donc la pendaison, où les condamnés se révèlent moins loquaces et où le vent donne une certaine beauté à ce spectacle dont raffolent encore les foules.
Il faut cependant noter qu’à l’instar des duels pour les nobles, il reste un groupe pour lequel la pratique du bûcher est encore plus que tolérée: les sorciers et autres magiciens louches. La population vit très mal leur arrogance et leur froideur à leur égard, tout autant que la maîtrise de pouvoirs inconnus. C’est donc un juste retour des choses si les gens du peuple se chargent de leur apporter un peu de chaleur…
- La décapitation, enfin, est également proscrite dans tout Aria. La vue de têtes fichées sur des piques et la perspective des tombereaux de sang à nettoyer en cas de purge d’envergure ont coupé court à toute envie de ce châtiment. Là encore, on lui préfère la pendaison et ses balancements de corps si poétiques… Cette « poésie» ne sied malheureusement guère à tout le monde, puisque de nombreux nobles se sont offusqués de la perte de prestige de leurs lignées, à la suite de la pendaison de certains de leurs aïeux. À l’instar du duel, la décapitation a donc été réautorisée, mais au seul bénéfice des nobles.
The show must go on
Les gens dans les cercles d’influence ont âprement négocié la réhabilitation de la décapitation comme décès noble par excellence – elle serait même à la dernière mode chez certains dandys décadents. Néanmoins, conscient qu’un tel privilège risquait de susciter le courroux de la population, le pouvoir préféra transiger. Les nobles peuvent donc être décapités, mais cette mort doit se tenir en place publique, afin que le peuple sache que même les personnes haut placées ne sont pas à l’abri de la justice d’Aria. Bien évidemment, toute volonté de proposer un divertissement sanglant visant à occulter les réels problèmes du peuple serait totalement fortuite…
Éléments courants de punition dans le fief du Rideau
Le fief du Rideau recourt à divers châtiments selon l’ampleur du crime.
• Le talion : réservé généralement aux menus délits, pour régler le problème selon la bonne vieille
méthode du « oeil pour oeil, dent pour dent ». Si ce talion ne peut être strictement respecté, la personne qui édicte la sentence est libre de déterminer le système de conversion qui lui plaît (par exemple, une pleine bourse volée correspond à 5 jours de travail aux champs du voleur).
• Le pilori : parfois couplé avec le talion, il a pour but de nuire à la réputation du criminel en l’exposant en place publique aux quolibets et aux projectiles des passants. Il reçoit ainsi régulièrement de la nourriture avariée. Certains villageois inventifs avaient tenté d’utiliser des cailloux ou des excréments comme projectiles mais ils se sont bien vite rendu compte que les criminels avaient une excellente mémoire…
• Couper une main : ce châtiment est réservé aux crimes plus importants ou aux récidives. Dans la
mesure où les châtiments corporels définitifs sont interdits en Aria, le fait de couper une main est
sujet à controverse et cette sentence n’est prononcée qu’après mûre réflexion.
• L’exil : Dans des villages vivant généralement en autarcie, il n’est jamais bien vu d’être un vagabond venu de nulle part. Exiler un criminel est bien souvent le moyen de se débarrasser de ses problèmes chez le voisin d’à côté sous couvert d’une possible rédemption (le criminel reste bien en vie, après tout, non ?). L’exil est généralement assorti d’une peine de pendaison prévisionnelle pour le cas où le malandrin reviendrait sur les terres qui l’ont banni.
Arance a ajouté quelques peines supplémentaires pour améliorer son quotidien :